dimanche 8 mars 2015

LA VÉRITÉ DES UNS.


- Dans la vie faut s’cramponner… Polette faut se cramponner sévère… et regarder droit devant… fixer l’avenir imperturbable et cramponné, cramponné Polette, et imperturbable… Sinon t’es foutu !
- Robert, heureusement que je ne suis pas imperturbable et cramponnée pour te préparer à bouffer, sinon... tu serais foutu !


COMME D'HABITUDE.


- Ne sommes-nous pas excessivement formels Polette ? Ne sommes-nous pas convenus, terriblement convenus, au point d’enfiler la routine jour après jour comme une culotte grise ? Ne sommes-nous pas condescendants ? Tristement convenables ? Banalement banals ? Usés jusqu’à l’usure ? Communément communs ? Polette, ne sommes-nous pas tristes à faire pleurer une rangée de laitues ? Tristes et ennuyeux à accabler une clôture ? Ne sommes-nous pas affligeants de rectitude, de droiture ? Bêtement dans le rang, alignés, précisément alignés ? Ne sommes-nous pas prévisibles… prévisibles Polette, tellement prévisibles…
- Robert, quand tu auras fini de faire l’arbre, tu feras la poule, je mangerais bien une omelette ce soir !
- Une omelette… comme tous les dimanches…


mardi 3 mars 2015

IMAGINATION.


- C’est précisément à ce moment que l’imagination se met à courir dans tous les sens... Alors Robert... ces couleurs modernes, elles sont de quelles couleurs ? 

MADAME 11 ATTEND LE PRINTEMPS.


Dans le jardin de Madame 11 une auberg(m)ine poussera…
Elle l’épluchera au taille-crayon.
Parce qu’une auberg(m)ine ne se laisse éplucher qu’au taille- crayon et cuisiner dans un cahier à petits carreaux, à gros carreaux si on n’a pas les bras assez longs ou les yeux en face des trous ou de passoir à brouillard ou de filtre à nuit qui tombe d’un coup… Mais avec des ou on referait le monde comme avec des si qui sonnent faux, des peut-être et des aussi
Madame 11 cuisinera à la verve et au franc parlé… et son auberg(m)ine prendra une saveur douce piquante qui touchera de sa pointe tendre même les appétits imprévisibles…
Madame 11 est comme ça, cuisinière volubile, du bout des doigts, jardinière à bras le corps, délicatement inattendue qu’on finit par attendre… comme on attend le printemps.




lundi 2 mars 2015

C'EST LA VIE !


C’est la vie ! La vie est ainsi... elle nous désagrège, nous dissout, nous éparpille, elle nous transforme en plus rien…    

EVIDENCE ?


- Les chats noirs portent malheur ?... Vous êtes sûrs ?...
Je suis un chat noir ?... Vous êtes sûrs ?...
Et il y a d'autres trucs que je devrais savoir ?...
Vous êtes sûrs ?


PFFFFFFIOUUUUT!


- Robert, tes empreintes vont disparaître comme si tu n’étais jamais passé par là...
- Mais ma pauvre Polette, nous ne sommes que de simples traces, amenées à disparaître, comme si on n'était jamais passés par là !


SIMULATION.


- Quand Polette fait cette tête, c’est qu’elle va bien…
Mais il faut se méfier...  parfois elle simule…



samedi 1 novembre 2014

TROUS LA LA !



Quand Frambois découvrit son établi ce matin là, tous les clous à tête plate s’étaient réunis… Une vis au pas démesuré ordonnait cette drôle de réunion...

- Toi le petit, avance qu’on te voit bien... vous trois redressez-vous et tenez-vous bien droit ! Et resserrez-vous s’il vous plaît... avancez un peu plus près de moi… avancez tous… encore... c’est ça… au fond on ne vous voit pas assez… voilà, c’est mieux… un peu plus… C’est pas mal…
Je vois tout le monde…
Tout le monde me voit ? 
Parfait !… Laaaaa...

- Laaaaa...

- LA ! LA !...

LA ! LA !...

- Attention prêt ?..
ET UN ! ET DEUX ! ET UN, DEUX , TROIS, QUATRE !

♫♫♩ ♬♩... On fait des trous, des p'tits trous, encore des p'tits trous
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous
Des trous de seconde clââââââsse, des trous de premiere clââââââsse.
On fait des trous, des p'tits trous, encore des p'tits
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous
Des peeeeetits trous, des peeeeetits trous, des peeeeetits trous, des peeeeetits trouuuuuus ... ♫♩♬