samedi 24 mai 2014

SOMNIFÈRE SANS ORDONNANCE.


-Chut !... Robert écoute le sol  pour s’endormir…
-Et ça marche ?
-Sur lui c'est spectaculaire d'efficacité, mais pas sur moi, pourtant j'ai essayé, et ressayé...Je ne sais pas écouter le sol sans doute...
-Incroyable...Je n'arriverai pas non plus à m'endormir comme ça, et alors, dormir sans oreiller, impossible, ça me flanque des douleurs jusque dans les talons...
-Ah, mais Robert ne dort jamais sans son oreiller bourré de noyaux de cerises...
-Bourré de quoi?
-De noyaux de cerises...Il le colle au micro-onde 5 minutes,  ça garde la chaleur toute la nuit, et il rêve de vacances au soleil...
-Mais il est où son oreiller à passer au four? Je le vois pas...
-Chez lui!
-Comment ça chez lui?
-Dans son lit...
-Dans son lit? Mais il a un lit? Il ne dort pas là?
-Bien sûr qu'il a un lit,  il s'endort là en écoutant le sol, après il dort dans son lit comme tout le monde...


vendredi 23 mai 2014

FAUX NÉNÉS OUBLIÉS.


Elle a oublié ses nichons gonflables sur la plage…C’est toujours la même histoire, identique, année après année. Polette dépose ses garnitures au bord de l’eau, dans une discrétion totale, profitant de l’ingénuité des gens, de leur crédulité pudibonde, pour plonger sans se démettre une épaule, descendre sans retenue dans le sous-sol de l’eau et se retrouve si alerte, si délestée, si soudain ingambe qu’elle repart oubliant ses attributs sur le sable. Mais c’est le soir quand elle revêt ses apparats de noctambule, qu’elle réalise la raison de sa légèreté, de son ridicule empâtement, du vide dans son soutien-gorge, de l’écho dans son décolleté… Il s’en suit une course folle, une recherche effrénée, une aventure sans issue parce que ses gros nichons gonflés, ils ont foutu le camp avec le premier coup de pied, happés par les courants d’air, lapés par la vague qui passait, gourmande… Volatilisée, sa paire de Roberts aérés, ventilés, oxygénés à la pompe à pied… Envolés ses lolos de camping, ses nibards à valves, ses roploplos à chambres à air, ses bouées expansibles, ses flotteurs dilatables… Envolés comme sa cervelle allégée…
- Allez c’est pas grave Polette, on va en acheter une autre paire, ils sont en promotion… tu choisis le premier, le deuxième est offert…

FALLAIT Y PENSER.




Le vélo à roues carrées apparut juste après la route à gondoles. Il était à roues fixes, et possédait un pédalier mobile qui tournait dans le vide ... C’est la route qui roulait, le vélo suivait le mouvement. Les routes gondolées attiraient les vues basses. À l’origine elles avaient été conçues pour distraire les regards affligés par les pays plats. Elles mouvementaient aussi les petites randonnées pédestres, assouplissaient la cheville, fatiguaient le mollet pour enrichir les vendeurs d’onguents et les réparateurs de godasses …Les déchirures et autres élongations, usures et décollements de semelles sévissaient dans ces régions aux regards distraits. Très mal utilisées et très rapidement inutilisables, les gondoles furent séparées les unes des autres et recyclées en dos d’âne, cassis, casse-vitesse, gendarmes couchés, bombements, courbures, ralentisseurs …
Robert, préposé au graissage des routes à gondoles, entretien des pignons et changements de vitesses, fût licencié pour cause de « on cherche encore parce qu’on sait toujours pas pourquoi », remplacé par Morice qui fût viré peu après, pour un motif plus courant « son boulot n’existe plus !»… Ce vélo à roues fixes, qu’ils pratiquaient avec persévérance et surtout « on n’a pas le choix, faut bien aller bosser avec le vélo de fonction, c’est dans le contrat sinon on va se faire faire virer » … Comme quoi ! … leur avait collé les genoux en quinconce et le morale à zéro … Rouler sans rouler toute la journée,  fallait avoir envie ... Quant aux vélos, leurs roues furent entassées dans des paquets de petits LU et vendues comme des biscuits secs …


mardi 13 mai 2014

HAÏKU (DE PEAU).


Côté face à l’autre
Emboiter la peau dans l’autre
Noir et blanc et l’autre


AMOUR.


On s’aime, on s’aime, on s’aime, on s’aime, on s’aime, 
on s’aime…